Endométriose, intervention chirurgicale & Sophrologie

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Par Elodie Naudin, Sophrologue spécialisée dans l'accompagnement des femmes atteintes d'endométriose / adénomyose 

Afin de se préparer au mieux et d’appréhender le plus sereinement possible l’intervention chirurgicale, la sophrologie est un excellent allié. Puisque, lorsqu’une ou des peurs s’installent, le mental ne cesse de répéter le scénario catastrophe ce qui accentue le ressenti négatif et favorise l’anxiété paralysante. Pour gérer cette problématique il est parfois nécessaire d’être accompagnée par un/une sophrologue sur quelques séances (l’accompagnement est à débuter au moins 1 mois avant l’intervention).

La sophrologie pour appréhender sereinement une intervention chirurgicale

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Lorsqu’on est atteinte d’endométriose la chirurgie n’est pas systématique. Elle est pratiquée en cas de symptômes handicapants et/ou d’infertilité avec une balance bénéfices/risques favorable.
Cependant, une intervention chirurgicale peut être extrêmement anxiogène pour la patiente et les craintes principalement énoncées sont :

  • La peur de ne pas se réveiller de l’anesthésie ;
  • La peur de ce que le chirurgien peut découvrir ; 
  • La peur d’une erreur médicale ;
  • La peur de la stérilité (hystérectomie, salpingectomie, ovariectomie…) ;
  • La peur de souffrir ;
  • La peur de l’inconnu.                                                                                       

Comment se passe le suivi de sophrologie ? 

Lors du premier rendez-vous nous définissons ensemble les appréhensions précises, les émotions ressenties, les ressources nécessaires et les freins psychologiques. Ensuite, un protocole d’accompagnement spécifique et personnalisé est établi en vue d’atteindre l’objectif (exemple : Aborder sereinement mon intervention chirurgicale). Les quelques séances mises en places ont pour but de vous préparer mentalement, tel un sportif, à vivre cette intervention de la façon la plus calme et sereine possible. En effet, les grands sportifs pratiquent la sophrologie pour se préparer mentalement à des compétitions. Une étude à d’ailleurs été réalisée sur des basketteurs professionnels et a démontré l’efficacité de la visualisation sur 2 groupes distincts :

  • Un groupe qui pratiquait l’entraînement physique ;
  • Un groupe qui pratiquait l’entraînement par visualisation mentale. 

Le jour de la compétition, le groupe ayant pratiqué uniquement la visualisation mentale était bien plus performant que le groupe ayant pratiqué uniquement l’entraînement physique. Cette étude illustre concrètement le rôle primordial et le pouvoir du mental. 

Comment se préparer mentalement à une intervention chirurgicale ? 

Dans un premier temps, nous installons le lâcher prise, la prise de recul sur la situation et la reprise de contrôle sur le mental. Ensuite, nous visualisons le jour de l’intervention avec tous les détails de cette journée (douche, départ du domicile, installation dans la chambre d’hôpital, rencontre avec les infirmières, la descente au bloc opératoire, l’installation sur la table d’opération, les sons, les couleurs, les odeurs, la température, les sensations corporelles etc…). Le but de cette visualisation est d’habituer le cerveau, à l’aide des 5 sens, à vivre ce moment positivement. Ce qui va entraîner (le jour réel de l’intervention) une impression de déjà vécu pour votre cerveau. De ce fait, les émotions seront beaucoup plus apaisées et l’impression de perte de contrôle ne se manifestera pas ce qui évitera la crise d’angoisse et l’attaque de panique.

A savoir, le cerveau ne fait pas de distinction entre ce qui est réel et ce qui est imaginé. La sophrologie s’appuie essentiellement sur cet état de fait pour vous accompagner à vous préparer mentalement à un évènement anxiogène comme une intervention chirurgicale. 

Le témoignage de Christelle et de son opération pour l'endométriose

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J’ai accompagné une jeune femme, Christelle, qui avait un syndrome phobique de l’anesthésie après une mauvaise expérience. Elle devait subir une intervention chirurgicale et souhaitait appréhender au mieux ce moment. Elle sentait qu’elle ne contrôlait plus les émotions d’angoisse et de stress qui l’envahissaient et avait envie de faire machine arrière et d’annuler cette intervention pourtant essentiel à son mieux-être. Elle avait parfaitement conscience d’être dominée par ses peurs et était prête à s’investir sincèrement pour trouver l’apaisement. Voici son témoignage :

« Bonjour, moi c'est Christelle, 35 ans, endogirl diagnostiquée en 2012.

Comme beaucoup, ma prise en charge a été chaotique durant longtemps, jusqu'à une énième chirurgie en 2016. Différents éléments m'ont amené à avoir un très mauvais réveil de cette intervention et d'en développer une réelle phobie. Cet épisode m'a conduit à prendre de la distance avec le corps médical et à même refuser un suivi correct. En 2020, ma situation a commencé à fortement se dégrader et le mot "opération" est tombé, tel un couperet... Et là le drame, sueur froide, tremblement, pleurs, cauchemars, crises d'angoisse / de panique et renoncement.

Le Centre Anti Douleur dans lequel je suis prise en charge m'avait parlé d'une sophrologue très douce qui pouvait peut être m'aider à me préparer à l'idée de cette chirurgie. Concrètement, mes premières pensées ont été "je vais encore jeter de l'argent par les fenêtres, ça ne marche pas avec moi". J'avais en effet déjà tenté une séance de sophrologie mais sans succès. Pour autant, je ne voulais rien laisser au hasard, et en même temps prouver que j'avais raison. J'ai pris rendez-vous. J'ai été accueillie par tellement de bienveillance et d'écoute que je me suis dit allez vas-y essaie, sincèrement. Le cheminement s'est fait presque malgré moi, au fil des séances les partages et les exercices semblaient un peu plus facile à chaque fois. Ce qui m'a interpellé c'est lorsque mon vocabulaire a changé, s'est nuancé, j'ai compris que je tenais là l'une des clés de ma réussite.

La sophrologue m'a proposé d'enregistrer certains exercices compte tenu de mes hospitalisations, pour que je puisse les faire encore et encore et ainsi créer un réel ancrage. Le jour de l'intervention, naturellement j'ai refait ma visualisation, et je n'étais pas aussi envahit que je le craignais, une petite crainte oui, légitime et pondérée, mais rien de disproportionné comme auparavant. L'échange avec l'équipe médicale et les astuces que nous avions trouvé avec la sophrologue m'ont permis d'interpeller l'ensemble des intervenants afin de me sentir soutenue et d’accepter, un petit peu, de lâcher prise. 

Je me rends compte aujourd'hui que ce fameux « lâcher prise » n'est pas possible avec tout le monde. Ce qui a fait que cette fois, ça a marché c'est que je suis tombée sur LA bonne personne, la bonne sophrologue. Je retiens que parfois ce n'est pas la spécialité qui ne nous convient pas mais plutôt la personne. Aujourd'hui encore, je poursuis certains exercices dans mon quotidien et vous souhaite de trouver la même part d'apaisement que moi. »

Conclusion

Les bienfaits de la sophrologie pour ce type de problématique sont encore, hélas, trop méconnus. Il est pourtant totalement possible de conditionner son cerveau afin d’accueillir l’intervention avec sérénité et lâcher prise. Nous sommes parfois envahis d’émotions puissantes et avons l’impression qu’elles nous dominent. Cependant, nous sommes toujours maîtres de notre esprit, de nos pensées et pouvons choisir de laisser place au positif avec l’aide de la sophrologie.


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