Endométriose : La prise en charge de la patiente en kinésithérapie

endométriose et kinésithérapie

En Avril 2019, le conseil national de l’ordre des kinésithérapeutes a sorti un document exposant l’intérêt de la prise en charge kiné des femmes souffrant d’endométriose. L’endométriose est une pathologie gynécologique qui touche de nombreuses femmes (environ 1/10), parfois dès l’adolescence.

Pourquoi aller voir son kiné lorsque l’on souffre d’endométriose ?

kiné endométriose

La plupart du temps cette maladie migratoire des cellules assimilables à des cellules endométriales est responsable de douleurs plus ou moins intenses pendant les menstruations, de règles irrégulières, de difficulté à procréer et d’inconforts divers selon la localisation des foyers lésionnels (trompes, ovaires, intestin, vessie, vagin, rectum, péritoine etc.)…
Il est important d’avoir en tête que la douleur n’est pas liée à l’importance ou au nombre de foyers lésionnels mais plutôt à leur localisation

La kinésithérapie est la thérapie de la gestuelle humaine et du mouvement. Il s’agit d’une thérapie qui utilise le mouvement ou au contraire qui tend à le corriger.

Le corps humain est en mouvement perpétuel : nos muscles, nos organes, nos cellules pensent et vivent « mouvements ». Ainsi toutes pathologies qui provoquent des douleurs et/ou des restrictions de mobilité vont porter atteinte à l’intégrité de la santé du corps tout entier.

L’endométriose est une pathologie chronique qui répond exactement à ce genre de tableau clinique : douleurs, fatigue, adhérences et donc altération de l’état général de la femme.

C’est donc tout naturellement que je me suis penchée sur le traitement des femmes atteintes d’endométriose afin de leur apporter un maximum de soulagement et de « mieux-être » au quotidien.

Comment agit-on en kinésithérapie ?

La kinésithérapie va pouvoir agir de manière globale sur le corps et de manière plus spécifique en fonction du problème rencontré. Toutes les techniques dont je vais vous parler visent à diminuer les douleurs, à redonner de la mobilité, à se ré-approprier son corps et à diminuer le stress et l’anxiété.

santé du corps femme

1/ La thérapie manuelle : 

Ce sont des techniques, des manipulations, des massages que le kiné réalisent à l’aide de ses mains. On va chercher à normaliser une articulation, redonner de la mobilité à un tissu, un muscle ou un organe. Dans le cadre de l’endométriose, les patientes ont souvent des douleurs localisées au niveau du bassin et du bas du ventre, il y aura donc un gros travail sur la mobilité des ailes iliaques du bassin, les articulations sacro-iliaques et les muscles ilii-psoas qui sont de véritables éponges à émotions. Un peu plus haut, les organes contenus dans l’abdomen peuvent être hypo-mobiles, en souffrance et des manipulations spécifiques s’imposent afin de leur redonner leur mobilité et améliorer leur fonction. Le diaphragme est également un muscle important à venir travailler en thérapie manuelle car il est souvent bloqué en position haute (respiration du stress).

2/ La respiration : 

On ne parle pas de diaphragme sans parler « respiration ». En séance, on travaillera beaucoup sur le respiration physiologique abdomino-diaphragmatique pour investir les mobilités regagnées grâce à la thérapie manuelle et pour infuser une détente profonde dans tout le corps. La respiration est une méthode efficace pour calmer son mental, dompter la douleur et favoriser la vascularisation.

3/ Le drainage et la décongestion :

La vascularisation et la décongestion du petit bassin et des membres inférieurs seront favorisées par le drainage lymphatique ou le massage circulatoire. Ce sont des techniques manuelles qui peuvent être suivi d’une technique complémentaire mécanique : la presso-thérapie.

Le massage abdominal, plus global, permet de donner de la souplesse, d’améliorer la vascularisation des viscères et de favoriser le transit. Il n’est pas rare que les patientes souffrent de troubles du transit, d’adhérences viscérales et/ou tissulaires (internes et externes) dues aux lésions d’endométriose ou des chirurgies subies… Le diaphragme est un muscle important à venir travailler en thérapie manuelle car il est souvent bloqué en position haute (respiration du stress).

4/ La relaxation neuro-musculaire :

Toujours dans cette quête de mobilité et d’inhibition des douleurs, la relaxation neuro-musculaire, via des étirements ou des postures, est un outil de choix. Il y a beaucoup de possibilités mais pour ma part j’adore utiliser des postures et étirements inspirés du yoga. Le Yin yoga notamment, qui est un yoga lent, permet d’étirer son corps profondeur et de ressentir une détente importante. Je conseille mes patientes atteintes d’endométriose de pratiquer cette activité sportive qui est adaptée à leur pathologie et aux douleurs variables au cours de leur cycle. Il existe des postures pour soulager les douleurs du bas ventre lors des menstruations et bien des manières de se relaxer pour relâcher les tensions du quotidien.
Le mental joue un rôle important dans la gestion de cette pathologie, il est donc important de trouver des méthodes pour calmer ce mental afin d’avoir un bénéfice sur le physique.

 5/ La rééducation périnéale :

Qui dit endométriose dit souvent troubles de la sphère uro-gynécologique. La kinésithérapie périnéale permet de prendre conscience de son périnée, de contrôler sa contraction et son relâchement dans le but de diminuer voire abolir les éventuelles troubles de la continence et les douleurs périnéales. Nous le savons les troubles de la continence génèrent de gros problèmes au quotidien, un isolement progressif causé par « la peur de la fuite », une diminution de l’estime de soi… Néanmoins les problèmes qui touchent à la sexualité sont beaucoup moins évoqués par les patientes et par les professionnels, mais ils sont d’autant plus important qu’ils peuvent créer des tensions dans le couple, une perte progressive de la libido causée par des douleurs qu’elles soient quotidiennes ou seulement présentes lors des rapports.

6/ La thécarthérapie :

C’est une technologie novatrice utilisant la radio-fréquence. Elle est connue dans le monde du sport mais elle a aussi un très grand intérêt en pelvi-périnéologie car elle permet de calmer l’inflammation, de casser les adhérences en assouplissant les tissus de l’intérieur, d’améliorer la cicatrisation et la régénérescence cellulaire, de soulager les douleurs en levant des tensions périnéales profondes etc…

7/ Bien d’autres méthodes encore :

Il existe d’autres méthodes spécifiques dont votre kiné peut vous parler. Je me suis récemment formée en micro-nutrition, en observation du cycle féminin et prochainement en thérapies manuelles pour la fertilité et la préconception.

Ces formations me permettent d’étayer mes connaissances et mes compétences pour proposer toujours plus de solutions à mes patientes au cas par cas. 

La micro-nutrition est une mine de solutions dans la lutte contre l’inflammation et le déséquilibre oestro-progestatif ; il est intéressant de remettre de l’ordre dans nos assiettes pour se faire du bien de l’intérieur !

Quant à l’observation du cycle féminin, je l’utilise pour conseiller mes patientes qui ont des difficultés de conception. Savoir écouter ses sensations et observer les divers paramètres du cycle féminin peuvent suffire à désamorcer une difficulté à concevoir avant d’engager un parcours de PMA souvent long et difficile.

Il existe divers moyens pour soulager les douleurs de l’endométriose : les antalgiques, les contraceptifs, même la chirurgie, ou encore des produits de santé naturelle.

La kinésithérapie a le mérite de proposer des solutions moins invasives et des auto-exercices faciles à reproduire à la maison afin d’autonomiser la patiente. Rendre à ces femmes le pouvoir sur leur santé est une priorité.

 


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