La Symptothermie, qu'est-ce que c'est ?

La Symptothermie, qu'est-ce que c'est ?
Par Manon Brucker - Naturopathe

En lien avec un désir de naturalité grandissant, de plus en plus de Femmes souhaitent se reconnecter à leur cycle menstruel afin de mieux pouvoir appréhender leur corps et leur fertilité. Que ce soit dans un but d’observation, de conception ou de contraception, les méthodes naturelles gagnent en visibilité et commencent à se faire une place dans le cœur de celles qui s’y intéressent. Parmi elles, une se distingue de par sa rigueur et sa fiabilité : la symptothermie

En quoi consiste-t-elle et comment les Femmes atteintes d’endométriose peuvent-elles l’utiliser ? C’est ce que nous allons voir dans cet article. 

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La Symptothermie au service de la connaissance de soi 

symptothermie et endométriose

Quelle est l'histoire de la Symptothermie ? 

Un peu d’histoire… 

La compréhension du cycle féminin suscite l’intrigue dans toutes les cultures du monde depuis la nuit des temps. Dans un dessein de planning familial, la détermination de la fenêtre fertile de la Femme est une connaissance que nos ancêtres reconnaissaient comme précieuse. On retrouve d’ailleurs des traces qui désignent le milieu du cycle comme étant le plus fertile déjà dans l’Ancien Testament !

Rarement transmise en dehors des cercles intimes, des recherches et écrits académiques se sont néanmoins développés un peu partout en Europe et dans le monde à partir du XXème siècle. C’est en 1965 que le médecin autrichien Josef Rötzer pose pour la première fois les bases de la méthode symptothermique : grâce à l’utilisation des symptômes de la glaire cervicale et de la température du corps, il arrive alors à déterminer les périodes fertiles et infertiles de la Femme

Devenir souveraine de la connaissance et l’utilisation de son cycle

Riche des découvertes faites par le docteur Rötzer, mais aussi de nouveaux savoirs concernant les symptômes de fertilité (la position du col de l’utérus par exemple), la symptothermie propose aux Femmes une méthode d’auto-observation de leur corps afin qu’elles puissent mieux comprendre et apprivoiser leur cycle menstruel.

Pour être plus précis, une Femme capable de reconnaître les signaux de fertilité exprimés par son corps est alors en mesure de savoir quand elle risque de tomber enceinte. En fonction de son intention (et celle de son partenaire, ne l’oublions pas !), elle peut donc décider de privilégier les rapports protégés ou au contraire, être l’instigatrice d’ébats afin de concevoir un bébé.

Vous l’aurez compris, la symptothermie peut donc être une alternative aux contraceptions chimiques et mécaniques ou bien une alliée de choix lors d’un projet de grossesse. Mais son utilisation peut être étendue à d’autres intentions. 

Nombreux sont les pouvoirs conférés par notre nature cyclique et pourtant, ils sont pour la plupart du temps ignorés. Les fluctuations hormonales du cycle menstruel ont des impacts qui vont au-delà de notre sphère intime : elles agissent notamment sur nos émotions et notre énergie, et peuvent alors influencer nos performances ou notre vie sexuelle par exemple. Les connaître et se les réapproprier peut donc permettre de respecter et tirer parti de ces mouvements internes naturels. Tout comme le fait la nature avec les saisons !

Enfin, la symptothermie permet de partir à la rencontre de son corps et son fonctionnement, pour ensuite pouvoir mieux l’écouter et répondre à ses besoins. Cet aspect peut paraître anecdotique, mais la connaissance n’est-elle pas la première porte vers la prise en charge de notre bien-être ?

De la théorie à la pratique de la symptothermie

la symptothermie pour les femmes atteintes d'endométriose

Concrètement, comment appliquer la méthode symptothermique ? 

Au début, le quotidien d’une Femme qui se lance dans la symptothermie peut s’apparenter à celle d’une coach sportive de haut niveau. Un investissement personnel quotidien est en effet nécessaire afin de pouvoir suivre et analyser les différentes modifications des indices de fertilité du corps. Mais rassurez-vous, à mesure que la routine s’installe et que la connaissance de soi s’affine, le suivi devient plus facile. 

La première étape lorsque l’on souhaite pratiquer la symptothermie est d’observer chaque jour : 

  1. Sa température au réveil, grâce à l’aide d’un thermomètre basal (c’est-à-dire à deux décimales après la virgule, par exemple : 36,22) et qui permet de prendre la température en interne (buccal, vaginal ou rectal). 
  2. L’aspect de sa glaire cervicale au cours de la journée, cet élixir de vie sécrété par le col de l’utérus qui se modifie au cours du cycle. Certaines peuvent l’observer dans leur culotte, d’autres auront besoin d’aller le prélever « à la source ». 

Pour les plus aguerries, il est possible d’observer la position du col de l’utérus, qui elle aussi se modifie au cours du cycle. Cette exploration peut se faire grâce au toucher, ou bien grâce à l’utilisation d’un spéculum et d’une glace. Dans tous les cas, il peut être intéressant de se procurer ces deux objets pour explorer sa féminité que seuls les gynécologues ont normalement le privilège de voir ! Cela fait aussi partie du processus d’exploration de soi. 

Chacune de ces observations doit ensuite être reportée dans ce que l’on appelle un cyclogramme, le tableau de bord du cycle. Il peut soit être réalisé sur papier ou dans une application (type « Sympto » ou « Moonly »). Grâce à ce suivi et aux règles symptothermiques, une identification des périodes fertiles et infertiles peut alors s’effectuer. Il ne manque plus alors qu’à adapter son comportement en fonction de son besoin.

Des écoles au service de la formation symptothermique

Lorsque l’on recherche à s’informer sur la symptothermie, on peut vite être un peu perdue face aux florilèges d’écoles et d’approches. Les différences ne sont pas toujours claires, tant au niveau du suivi technique que dans les règles appliquées à l’observation et l’interprétation du cycle. Et pourtant, connaître ces différences est crucial afin de choisir la méthode la plus adaptée à ses besoins et valeurs, mais aussi celle qui est la plus sûre (en termes de fiabilité, formations des enseignants, etc.). 

Effectuer un comparatif des différentes méthodes et de leurs règles pourrait faire l’objet d’un article complet. En attendant que nous nous attelions à cette tâche, voici déjà la liste des écoles auprès desquelles il est possible d’apprendre la Symptothermie et le nom de leur méthode :

  • CLER Amour et Famille : méthode Cyclamen. 
  • Planning Familial Naturel : méthode Sensiplan. 
  • Fondation SymptoTherm :  méthode du même nom ; créateur de l’application Sympto.
  • Institut INER : méthode Rötzer.

Chacune de ses écoles forment chaque année des personnes à leur méthode afin qu’elles puissent accompagner les Femmes désireuses de se lancer dans l’application de la symptothermie. N’hésitez pas à prendre contact avec eux pour connaître celles disponibles près de chez vous.

Quelles sont les autres méthodes similaires à la symptothermie ? 

symptothermie et endométriose

Symptothermie et autres méthodes naturelles

La prise en compte de plusieurs indices fait de la symptothermie une méthode singulière dans le paysage des méthodes naturelles. En effet, elle se distingue : 

  • Des méthodes basées sur l’analyse d’un seul indice comme c’est le cas de la méthode des températures (qui, comme son nom l’indique, se base uniquement sur ces dernières) ou bien celles nécessitant seulement l’observation de la glaire cervicale (type Billings ou FertilityCare de la NaPro Technologie). 
  • Des approches prédictives telles que Ogino (celle qu’utilise la plupart des applications pour smartphone) qui calcul le jour de l’ovulation (théoriquement, le 14ème jour du cycle) et préconise les jours d’abstinence autour de ce dernier. 
  • Des tests d’ovulation qui permettent de détecter l’hormone LH (celle qui déclenche la l’ovulation) dans les urines.

En termes de fiabilité, peut-on faire confiance à la symptothermie ? 

Dans un but de contraception, la symptothermie est tout autant efficace que la pilule ! Utilisé dans les essais cliniques afin de mesurer l’efficacité des méthodes de conception, l’indice Pearl permet de donner une idée de la fiabilité de la symptothermie. Alors que le taux de grossesses non planifiées s’élève à 0,4% pour cette dernière, celui de la pilule est lui de 0,3%. Mais ces chiffres sont ceux de la théorie : en pratique, ces données monteraient plus à 9% pour la pilule, alors qu’elles oscilleraient entre 1,5 et 6,5% pour la symptothermie (1)

La différence majeure entre théorie et pratique est la rigueur d’application des deux méthodes. Il est vrai que la pilule n’est soumise qu’à un seul aléa : sa bonne prise ou son oubli. Quant à la symptothermie, l’engagement de la Femme qui la pratique est plus grande : prise de température et observation de la glaire quotidienne, analyse pertinente des données parfois mouvantes, etc. Cela demande donc plus de temps et d’engagement que la mise en place d’un rappel sur son téléphone pour ingérer un granule à heure fixe !

Dans un but de conception, la méthode symptothermique permet de se reconnecter à ses cycles afin de connaître le moment le plus opportun pour une fécondation. A force d’observations, elle permet aussi d’identifier de potentiels dérèglements dans ses fluctuations hormonales, et ainsi de pouvoir les réguler avec précision grâce au soutien d’un médecin ou thérapeute aguerri de ces problématiques.  


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La symptothermie, pour qui ?  

Une méthode symptothermique qui s’adresse au plus grand nombre

La symptothermie s’adresse à toutes les Femmes, peu importe leur période de vie : avant de devenir maman, après un accouchement, après l’arrêt de la pilule, en cas de cycles réguliers ou irréguliers, en préménopause, etc. Le seul frein à son application est la prise de contraceptifs hormonaux, qui bloquent les variations des différents indices et ne permettent donc pas leur observation.

Pour les Femmes atteintes d’Endométriose et sous contraceptif hormonal, la symptothermie ne sera donc pas une méthode qu’il sera possible d’adopter. Néanmoins, elle peut s’avérer très intéressante pour celles qui ont un cycle naturel afin de : 

  • Se reconnecter et comprendre son cycle menstruel dans la douceur et la bienveillance. Souvent associée à une zone douloureuse, l’intimité peut alors être appréhendée sous un nouvel angle. Certains symptômes de la maladie peuvent être aussi corrélés à des moments particuliers du cycle, pour ensuite pouvoir mieux les anticiper et atténuer. 
  • Déterminer le moment de l’ovulation afin de faciliter un projet de grossesse, se rassurer quant à l’utilisation de sa réserve ovarienne (souvent amenuit lorsqu’on l’on est atteinte d’endométriose) ou bien encore une fois, le mettre en lien avec certains symptômes. 
  • Détecter les potentielles anomalies du cycle et hormonales. L’endométriose est souvent associée à un excès d’œstrogènes, mais la véracité de cette affirmation n’est pas démontrée dans tous les cas. Analyser la première et seconde partie du cycle (la phase folliculaire et lutéale) permettrait donc d’avoir une meilleure vision des sécrétions hormonales qui les orchestrent. 
  • Gérer sa contraception, comme n’importe quelle autre Femme, en impliquant son partenaire dans cette démarche. La responsabilisation des deux membres du couple dans la gestion de sa fertilité permet une meilleure compréhension de chacun et vient renforcer le lien établit. 
  • Respecter ses fluctuations d’énergie en fonction des différentes phases du cycle et faire de ces variations une force. Les périodes de baisse d’énergie ou de libido par exemple pourront être mieux anticiper et communiquer aux intéressés. A l’inverse, les périodes de regain pourront être mis à profit pour réaliser des projets ou prévoir des soirées plus coquines avec son Homme.

Les avantages et inconvénients de la symptothermie

Pour résumer, voici les principaux avantages et inconvénients à pratiquer la symptothermie :

Avantages

Inconvénients

  • Sans hormone et sans effet secondaire 
  • Efficace si bien appliquée 
  • Permet la reconnexion à son cycle & ses pouvoirs
  • Aide à la détection de potentielles anomalies du cycle 
  • Promeut la connaissance de soi / l’autonomie 
  • Gratuite 
  • Nécessite rigueur et implication 
  • Temps d’apprentissage plus ou moins long  
  • Requiert aisance avec son corps 
  • Rapports protégés obligatoires en période fertile
  • Ne protège pas des infections sexuellement transmissibles 


Alors, prête à vous lancer dans la découverte de votre cycle et votre intimité grâce à la symptothermie ? Si vous avez des questions ou des commentaires, n’hésitez pas à les poser ici ou me contacter, je serais ravie pouvoir en discuter avec vous ! 

 

Sources : (1) Frank-Herrmann P., Heil J., Gnoth C. et al. (2007) The effectiveness of a fertility awareness-based method to avoid pregnancy in relation to a couple’s sexual behavior during the fertile time: a prospective longitudinal study. Hum.Reprod., 22, 1310-1319.
www.sympto.org ; www.symptothermie.com ; www.symptothermie.info ; www.iner.org/en 


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