Pilule : le traitement de première intention pour l'endométriose ?

Bien qu’il n’existe pas encore un traitement qui permet de guérir l’endométriose, la pilule contraceptive, oestro-progestatives ou progestatives est le traitement de première intention proposé par les gynécologues en France dans le cas de cette maladie.
Nous précisons que c'est le traitement de premier intention donné en France car ce n'est pas forcément le cas dans les autres pays qui abordent la maladie à travers les autres théories scientifiques.

Dans cet article nous aborderons les questions : Quelles sont les différentes pilules ? Comment fonctionnent-elles dans le cadre d’une endométriose  ?
Dans l'article de la semaine prochaine, nous aborderons la balance bénéfices VS effets secondaires/risques de la prise de pilule contraceptive.

Nota bene : Cet article n'est ni en faveur de la pilule, ni en défaveur. Son but est uniquement d'informer.

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Pourquoi la pilule contraceptive est le traitement de première intention en cas d’endométriose

PILULE TRAITEMENT PREMIERE INTENTION ENDOMETRIOSE

En plus d’empêcher de tomber enceinte, la pilule contraceptive s’avère aussi être un traitement de première intention pour l’endométriose. En effet, cette maladie est liée au fonctionnement hormonal. Il existe deux types de pilules contraceptives:

  • La pilule combinée appelée aussi œstro-progestative.
  • La pilule progestative appelée aussi microprogestative, micropilule ou encore pilule microdosée.

Vous avez déjà sûrement entendu les termes de pilule de 1ère, 2ème, 3ème ou de 4ème génération. Ces "générations" dépendent du type de progestatif contenu dans les pilules combinées.

Pour comprendre comment marchent les pilules, il faut savoir que la survenue mensuelle des règles dépend de la variation des hormones dans le corps, particulièrement de l'oestrogène et de la progestérone.

L’œstrogène qui est présent en grande quantité en début de cycle est responsable du maintien et de la prolifération de la paroi utérine en vue de se préparer à une éventuelle grossesse. Environ à la moitié du cycle, la progestérone commence à faire son apparition. Son rôle est d’inhiber l’œstrogène et de déclencher les règles en l'absence de fécondation. 
C'est d'ailleurs la chute du taux d'oestrogènes qui provoque entre autres le Syndrome Prémenstruel. Idem pour les symptômes de la ménopause.

Petit rappel graphique de la fluctuation de ces hormones (le jour 1 étant le premier jour des règles, le jour 14, la période de l'ovulation et le jour 28, la fin du cycle) :

variation oestrogene progesterone endometriose

Le problème avec l'endométriose, c'est que les lésions internes ou externes à l'utérus réagissent tout autant aux fluctuations des hormones. Elles subissent exactement le même phénomène que les règles, mais le sang ne s’écoule pas. Une réaction inflammatoire s’ensuit donc et est responsable d’une douleur plus ou moins intense, ainsi que d'autres symptômes selon les localisations des lésions (troubles digestifs, urinaires...).

Le but du traitement hormonal vise donc à supprimer le fonctionnement hormonal naturel du cycle menstruel (et également la survenue des règles), pour que les tissus endométriaux internes et externes à l’utérus n'y réagissent plus. 
La logique de cette approche est donc que si le cycle menstruel est interrompu en agissant sur les hormones, les cellules ectopiques endométriales deviendront quiescentes ce qui pourra aider à réduire les symptômes désagréables liés à cette maladie.  

La pilule combinée, ou oestro-progestative

La pilule combinée contient deux hormones de synthèse : un œstrogène et un progestatif.

Comment fonctionne la pilule combinée  ?

La prise quotidienne d’un comprimé œstro-progestatif permet les effets suivants :

- Inhibition de la prolifération de l’endomètre  ;
- Blocage de l’ovulation  ;
- Épaississement de la glaire cervicale (liquide visqueux émis par l'endomètre du col de l'utérus, et dont la texture varie en fonction de la période du cycle) pour empêcher les spermatozoïdes de passer.

Comment prendre la pilule oestro-progestative pour traiter l’endométriose ?

À des buts contraceptifs seulement, la pilule combinée est prise tous les jours à heures fixes. Une période de 7 jours de pause pendant laquelle la patiente ne prend pas les comprimés ou prend des placébos (pilule inactive) est souvent utile pour permettre la survenue des règles dites artificielles.
Cependant, même si ce n'est pas le but initial de cette pilule, pour le traitement de l’endométriose, le gynécologue peut préconiser une prise continue des pilules oestro-progestatives pour empêcher l’arrivée des règles et diminuer les symptômes handicapants de la maladie qui surviennent encore plus fortement à cette période.

Traitement hormonal oestro-progestatif, pour qui ? 

La pilule combinée n’est pas recommandée pour toutes les femmes. Elle présente certaines contre-indications. Voici les plus connues (à vérifier avec votre médecin car elles varient en fonction des différentes pilules combinées qui existent) :

  • L’allergie aux substances actives ou à l’un des excipients présents dans le médicament.
  • Une maladie cardio-vasculaire comme l’infarctus du myocarde, un AVC, une thrombophlébite (phlébite), une embolie pulmonaire…
  • Une prédisposition génétique à la formation de thrombose artérielle ou veineuse.
  • Des facteur de risque d’une thrombose artérielle : diabète, dyslipidémie (taux anormal de lipides et de cholestérols dans le sang), hypertension artérielle sévère, tabagisme…
  • Des migraines chroniques avec signes neurologiques (flou visuel, paralysie de la face…).
  • Une pancréatite en cours ou passée.
  • La présence ou l’antécédent d’une pathologie ou une tumeur hépatique.
  • Une insuffisance rénale.
  • Un cancer du sein ou de l’utérus, actuels ou passés.
  • Des saignements anormaux inexpliqués.

La pilule progestative pour traiter l'endométriose

La pilule progestative ne contient qu’un seul type d’hormone : une dérivée de la progestérone. Il s’agit d’un progestatif de synthèse. On y retrouve soit du lévonorgestrel soit du désogestrel.

Comment fonctionne la pilule progestative  ?

  • La pilule qui contient du lévonorgestrel agit sur l'endomètre et sur l’épaississement de la glaire cervicale pour empêcher les spermatozoïdes de traverser le col de l'utérus, mais ne supprime pas totalement les règles.
  • La pilule qui contient du désogestrel inhibe directement le processus d’ovulation et supprime les règles. C’est cette variante qui a un intérêt dans le cadre du traitement de l’endométriose.

Comment prendre la pilule progestative  pour traiter l’endométriose  ?

Il est conseillé de prendre la pilule tous les jours à la même heure. Une prise continue est recommandée afin d’éviter la survenue des menstruations qui s’accompagnent souvent des règles et ses symptômes handicapants chez les femmes qui souffrent d’endométriose.
Le retard de la prise ne doit pas dépasser 3 heures pour celles contenant du lévonorgestrel et 12 heures pour celles contenant du désogestrel.
Pour connaitre précisément la modalité de prise de ce médicament, il convient de s’informer auprès d’un gynécologue.

Traitement hormonal progestatif, pour qui ?

La micropilule est surtout proposée aux femmes pour qui la prise d'oestrogènes est contre-indiquée, et/ou qui peuvent être très sensibles aux effets secondaires des pilules combinées. 
Elle ne présente pas de mise en garde vis-à-vis du risque de phlébites, AVC, infarctus, embolie pulmonaire, c'est pour cela qu'elle est proposée aux femmes après accouchement, qu'elles allaitent ou non, ainsi qu'à celles consommant du tabac.
Et surtout, elle est généralement proposée aux femmes souffrant d'endométriose, pour sa capacité à supprimer les règles.

Elle présente quand-même certaines contre-indications (à vérifier avec votre médecin car elles varient en fonction des différentes pilules combinées qui existent, cf Lutéran et Lutényl qui ont été reliées par l'ANSM, suite à une étude en 2020, à un risque accru de méningiome) :

  • Des cas de maladies hépatiques sévères.
  • La présence d'épisodes thromboemboliques évolutifs.
  • Des saignements anormaux inexpliqués.
  • La présence d'une tumeur hormono-dépendante.
  • Une hypertension artérielle.
  • La prise d'autres médicaments inducteurs enzymatiques qui peuvent diminuer l'efficacité de la méthode hormonale.
  • Un cancer du sein ou de l'utérus, actuels ou passés.

Toutefois, seul un médecin peut décider du traitement approprié selon le cas de la patiente, en se basant sur ses analyses de sang notamment. 

 

Source : Revue Genesis ; News Medical ; futura-sciences ; Gynandco

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N.B : Chaque cas d'endométriose étant différent, cet article, comme les autres, offre des pistes à explorer, qui seront différentes pour toutes les femmes. 
Il ne vient en aucun cas substituer un avis médical.

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