TEMOIGNAGES : Endométriose & Reconversion professionnelle

Mon témoignage

La reconversion professionnelle dans le cadre de l'endométriose, je l'ai vécue tout récemment. J'ai quitté l'emploi que j'occupais depuis 4 ans dans une grande marque de luxe en décembre dernier, pour me consacrer à 100% dans cette aventure entrepreunariale du Lab de l'Endo.
Ce choix, je l'ai fait pour 2 raisons :
- la premiÚre : le rythme effréné et le stress aggravaient trop mes symptÎmes d'endométriose (fatigue chronique, douleurs, troubles digestifs...) ;
- la deuxiÚme : j'étais révoltée de voir que plein d'autres femmes subissaient ce que j'avais subi, et je souhaitais agir à mon niveau pour participer à l'évolution de cette situation problématique (manque d'information, d'accompagnement, de solutions proposées).

Vos témoignages

Camille, 33 ans.

Précédemment agent administratif dans la Fonction Publique. Actuellement en reconversion grùce à l'Allocation Adulte Handicapé.

"Avant mon diagnostic, j’étais agent administratif dans la Fonction Publique. J’étais dĂ©jĂ  reconnue travailleur handicapĂ© pour une autre pathologie. Sentant ma santĂ© se dĂ©tĂ©riorer gravement sans comprendre pourquoi (je venais d’arrĂȘter ma pilule), j’ai demandĂ© un temps partiel. L’errance diagnostic a durĂ© encore de longs mois, me causant des douleurs neuropathiques et des lĂ©sions irrĂ©versibles. Aujourd’hui j’ai dĂ» quitter mon travail. MalgrĂ© les traitements, la douleur persiste ainsi qu’une immense fatigue. Je tente de me reconvertir comme rĂ©dactrice web Ă  mon compte.
Un soir en rentrant du travail, j’étais complĂštement Ă©puisĂ©e par une semaine de crise d’endomĂ©triose non-stop, j’avais passĂ© une journĂ©e trĂšs difficile Ă  vomir et Ă  avoir la diarrhĂ©e au bureau. Je me suis endormie au volant et j’ai failli prendre la vie de quelqu’un, cela s’est jouĂ© Ă  quelques centimĂštres. AprĂšs le choc, j’ai pleurĂ© toutes les larmes de mon corps et j’ai su ce jour-lĂ  que tout cela devait cesser.
Il ne faut jamais rester dans une situation qui nous dĂ©truit Ă  petit feu. Les relations toxiques ça existe en amour, mais ça peut aussi ĂȘtre avec un emploi. J’avais tellement peur de perdre mon job, que je m’y suis accrochĂ©e de toutes mes forces, quitte Ă  dĂ©grader encore plus ma santĂ©. J’avais aussi peur du regard des autres, de ma famille si je le quittais. Mais il y a un moment oĂč il faut penser Ă  soi avant tout.
Je vais ĂȘtre honnĂȘte, je suis parfois terrifiĂ©e en pensant Ă  l'avenir. J’ai pu obtenir une Allocation Adulte HandicapĂ© pour quelques temps afin de m’aider dans ma reconversion, mais celle-ci se termine bientĂŽt et je n’ai pas encore rĂ©ussi Ă  me dĂ©gager un salaire. Entre temps j’ai dĂ©veloppĂ© une maladie auto-immune, il paraĂźt que ça arrive parfois avec l’endomĂ©triose. J’ai demandĂ© une prolongation de mes droits, j’espĂšre que je serai entendue par la commission et qu’ils comprendront. Je travaille avec une psychologue pour lĂącher prise sur mes peurs.
L’avenir avec l’endomĂ©triose c’est pour moi l’inconnu, mais je dois avancer quand mĂȘme et faire de mon mieux. Aujourd’hui je choisis l’espoir."

Julie, 25 ans.

Précédemment, graphiste. Actuellement, en reconversion pour devenir pet-sitter.

"Je suis graphiste de formation et aujourd'hui je prépare ma reconversion professionnelle pour devenir pet-sitter en auto-entrepreneuse.
Je pense que le déclencheur a été l'adoption de mon petit chien, l'opération et la reprise d'un travail.
J'ai été diagnostiquée d'endométriose il y a trois ans maintenant, j'ai subi une opération en septembre ce qui m'a permis d'atténuer les douleurs qui prenaient de plus en plus de place. Je n'ai pas trÚs bien vécu l'opération. J'avais l'impression d'avoir un corps de 90 ans. J'ai pourtant trouvé un travail pendant mon rétablissement.
La reprise au travail était compliquée, rester assise toute la journée me fatiguait beaucoup et ne pouvant pas trop changer de position ça n'aidait vraiment pas pour mes douleurs.
Aujourd'hui ça va mieux, mes douleurs sont raisonnables mais mentalement je ne suis plus trop la mĂȘme. Je vois les choses autrement, les choses qui Ă©taient importantes il y a quelques mois sont devenues Ă  la limite du stupide. Je veux m'amuser tous les jours, ne plus rester assise Ă  espĂ©rer ne pas avoir de douleurs dans la journĂ©e, je veux vivre chaque journĂ©e et profiter d'avoir moins mal pour bouger !
J'ai toujours voulu travailler avec les animaux mais je n'ai jamais osĂ© sans trop savoir pourquoi, peut ĂȘtre par peur de ne pas y arriver. 
L'endomĂ©triose c'est compliquĂ© Ă  vivre parfois, mais ça fait prendre conscience des choses qui sont importantes pour nous, qui comptent plus que tout. Et ce qui compte pour moi ce n'est pas de rester derriĂšre un Ă©cran Ă  rĂąler parce que je viens de recevoir un Ă©niĂšme brief d'un service marketing qui ne pense qu'Ă  la vente, ce qui compte pour moi c'est de me balader dans la nature, d'ĂȘtre accompagnĂ©e par des animaux de toute sorte, et d'aider Ă  ma façon.

Je sais que les douleurs peuvent ĂȘtre plus fortes parfois et que l'opĂ©ration ne suffit pas, que ce ne sera pas facile tous les jours. Mais l'avantage de devenir auto-entrepreneuse c'est que je pourrais me prĂ©voir des pauses, des demies-journĂ©es pour me reposer si besoin. J'ai peur que les douleurs d'endomĂ©triose bloquent mon projet, mais je me battrais.
Et si je n'y arrive pas, au moins j'aurais essayé."
 

Marion Diaz, 28 ans, créatrice de @marion.equilibres.

Précédemment, ingénieure dans la bùtiment. Actuellement, diétécienne-nutritionniste, conseillÚre en naturopathie et professeure de yoga de la femme.

"Au moment de mon diagnostic, j'étais ingénieure dans le bùtiment. Je travaillais dans un bureau et me déplaçais parfois sur les chantiers.
Trois ans aprÚs, je suis maintenant diététicienne-nutritionniste, conseillÚre en naturopathie et professeure de yoga de la femme.

Un an aprÚs avoir déménagé à Paris pour démarrer ma vie professionnelle, j'ai commencé à avoir de gros troubles digestifs et des douleurs trÚs handicapantes. Je me souviens de longues heures assise à mon bureau, en crise, à attendre que de pouvoir enfin rentrer chez moi. C'est à peu prÚs à ce moment là que j'ai commencé à avoir des doutes sur mon orientation professionnelle : je n'avais plus envie de me lever pour aller au travail, et j'attendais le week-end et les vacances avec impatience. S'en est suivi un an de recherches et de douleurs jusqu'au diagnostic de l'endométriose.
Pendant ce temps, j'ai commencé à changer mon alimentation et à observer les effets si bénéfiques sur mon corps. J'ai découvert alors un univers passionnant, et j'ai décidé de m'inscrire en BTS diététique et de demander une rupture conventionnelle. Plus j'avançais dans mon parcours de guérison, plus je découvrais d'autres clés fondamentales à mon équilibre. J'ai donc décidé de suivre d'autres formations en parallÚle : un cursus de naturopathie, et une formation en yoga de la femme. 
Aujourd'hui, je suis ravie et heureuse de me lever chaque matin pour faire ce qui m'anime et que j'aime profondĂ©ment. Je remercie l'endomĂ©triose de m'avoir poussĂ© Ă  faire le grand saut et Ă  enfin me demander ce que je voulais faire de ma vie ! Je me sens trĂšs chanceuse de pouvoir enfin faire un mĂ©tier oĂč je peux adapter mes activitĂ©s en fonction de mon cycle et de mon Ă©nergie.
Aujourd'hui, grùce à toutes les clés que j'ai glanées dans mon parcours (alimentation, naturopathie, yoga) je n'ai plus aucune douleur d'endométriose et je vis la maladie sereinement sans traitement hormonal. J'ai maintenant à coeur de transmettre ces clés aux femmes que j'accompagne afin qu'elles puissent elles aussi aller mieux."

Laura, 24 ans.

Précédemment, conseillÚre en location. Actuellement, en poste sédentaire.

"Avant le diagnostic j'étais conseillÚre en location. Et j'ai décidé avant d'avoir le diagnostic officiel de changer de travail pour pouvoir supporter les journées difficiles et les "vivre" avec les surprises de la maladie.
Je me suis donc orientée vers un poste sédentaire avant le diagnostic officiel 
d'endométriose.
L'élément déclencheur a été lors d'un état des lieux avec des locataires. Quand tu sens tes rÚgles arriver et que tu penses que cela va dégénérer en crise. Que tu commences à tourner de l'oeil et qu'il en devient impossible de faire bonne figure...  Quand cela arrive à plusieurs reprises avec d'autres symptÎmes de l'endométriose tout au long du cycle c'est pas évident de rester forte !
Prendre cette décision sans avoir le diagnostic officiel a été difficile car je souhaitais à la fois m'écouter et croire en ma conviction que j'avais de l'endométriose, malgré les 2 IRM infructueux pour expliquer mes douleurs, mais écouter mon autre moi également qui souhaitait se tromper et ne pas avoir cette maladie.
Au final j'ai bien fait de croire en moi sur le diagnostic que je présentais. Et également cette décision d'adapter mon poste à mes besoins. Principalement pouvoir travailler assise.
Conclusion : pour moi, m'écouter à été la meilleure des choses.
A 24 ans c'est pas Ă©vident de se dire que toute ma vie professionnelle va ĂȘtre guidĂ©e par la maladie.
Un jour, pourquoi pas travailler pour le compte de la société de mon conjoint. En attendant travailler sur un poste le moins stressant possible est le mieux."

Claire Onillon, créatrice de @naturauclaire.

Précédemment, juriste. Actuellement, toujours juriste mais aussi coach en diététique nutrition spécialisée dans l'accompagnement de l'endométriose, et en école de naturopathie.

"Avant mon diagnostic, je revenais de deux ans d'expatriation en Hollande à travailler en droit pénal international auprÚs de Tribunaux et d'une ONG, et j'occupais un emploi de juriste en droit d'asile dans une juridiction française. J'occupe d'ailleurs toujours ce poste à plein temps, sans lequel je ne pourrais pas payer mon école de naturopathie commencée en 2019 et toutes les autres formations faites en parallÚle. Actuellement je cumule cet emploi de juriste avec mes études de naturopathie sur trois ans, je suis en derniÚre année, et avec mes premiÚres consultations individuelles car j'ai créée mon entreprise de coaching en diététique nutrition en septembre 2020.
L'Ă©lĂ©ment dĂ©clencheur a Ă©tĂ© le diagnostic de l'endomĂ©triose enfin posĂ© aprĂšs avoir vĂ©cu moi aussi l'errance mĂ©dicale et une forme de dĂ©pression liĂ©e Ă  celle-ci puisque je souffrais tous les jours sans savoir de quoi et donc sans savoir y remĂ©dier. A cette Ă©poque, j'Ă©tais malheureuse et je comprenais aussi que la vie que je menais ne me convenait plus. La naturopathie est aussi un hĂ©ritage familial, et cela me tenait Ă  cƓur de l'honorer enfin. Faut dire aussi que j'occupais dĂ©jĂ  tout mon libre Ă  m'y intĂ©resser avec pour spĂ©ciale cliente : moi-mĂȘme, prĂȘte Ă  tout expĂ©rimenter pour aller mieux naturellement.
Quand on comprend que la vie qu'on mĂšne ne nous convient pas et nous rend malade, c'est douloureux et on se demande bien comment on va se sortir de là. Cela fait maintenant deux ans que je cumule un travail, mes Ă©tudes et que je travaille presque 7 jours sur 7 toute l'annĂ©e, et je sais toujours pourquoi je fais ça, je le fais avec passion, et je me dis chaque jour que le chemin est plus important que la destination.⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀
Si j'ai le sentiment d'avoir repris le pouvoir sur la maladie, si j'arrive sincĂšrement Ă  la remercier de m'avoir fait changer de perspective pour m'aligner davantage et si je suis heureuse du chemin parcouru et bien je mentirais si je disais que je n'avais pas peur. Outre avoir peur pour ma santĂ©, j'ai parfois peur que ma maladie progresse et me fasse perdre toute crĂ©dibilitĂ© ou intĂ©rĂȘt dans mon travail qui est de montrer aux femmes qu'on peut trouver un vrai apaisement malgrĂ© l'endomĂ©triose et de les accompagner en ce sens. Aujourd'hui la maladie est stable, je n'ai plus de douleurs, mais qui sait ? La plupart du temps je reste optimiste."

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Tous les mois, nous donnons la parole aux femmes sur des sujets autour de l'endométriose.
Le but : libérer la parole, et surtout apporter de l'information et de l'échange au sein de la communauté. 

N'hésite pas à participer pour le sujet du mois prochain !
L'appel à témoins et l'indication de la procédure de participation se passent sur notre compte Instagram @lelabdelendo.


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