TEMOIGNAGES : Endométriose & relations au Travail (2)

L'endométriose étant une maladie handicapante, elle peut rendre le quotidien invivable dans le cadre du travail. Découvrez les témoignages sur le sujet des femmes atteintes d'endométriose.

Vos témoignages

"J’ai le soutien de ma cadre (qui elle aussi a de l’endométriose)..."

Sandra, cap petite enfance en crèche hospitalière

"Je travaille depuis bientôt 8 ans en tant que Cap petite enfance dans une crèche hospitalière.

J’ai débuté à l’âge de 20 ans, mes collègues, mes différentes cadres ont toujours connu mes douleurs pendant mes règles car je me retrouvais recroquevillée au travail, je vomissais, je me retrouvais en arrêt.
Cela avant même d’avoir eu mon diagnostic d’endométriose profonde.

Personne n’a été surpris quand j’ai été diagnostiqué en janvier 2021, j’ai directement prévenu mon travail car j’ai eu ce fameux diagnostique par téléphone au boulot... et à ce jour je traverse une phase d’épuisement extrême.
Je n’arrive plus à gérer toute les responsabilités au travail (j’ai demandé à être en entretien des locaux car j’ai souvent très mal au dos et je me sentais dangereuse quand je portais les enfants) mais les tâches sont usantes, je n’ai personne sur qui me reposer étant la référente de l’équipe et étant entourée de collègues qui font beaucoup d’erreur.
J’ai craqué avant hier, voyant que j’allais avoir mes règles alors qu’il fallait que je m’occupe de rattraper encore les erreurs de mes collègues j’ai été prise d’une énorme crise d’angoisse je n’ai plus su m’arrêter.

Je me retrouve avec ce métier physique où il faut penser à tout, dans un cercle vicieux de fatigue et douleur dont je n’arrive plus à sortir.
Malgré ma démarche enclenchée il y a un moment de faire un bilan de compétence pour trouver un métier plus adapté j’ai craqué.
J’ai le soutien de ma cadre (qui elle aussi a de l’endométriose) et de la plupart de mes collègues car elles ont toujours vu comment je souffrais et elles savent que le travail que je fais est très compliqué...
Aujourd’hui je débute mon arrêt, j’essaie de comprendre mes émotions et de prendre soin de moi.
Certains métiers, selon le niveau de nos douleurs quotidiennes, ne sont pas adaptés. C’est dur d’y renoncer mais je me rend bien compte que persévérer était en train de m’achever."

"J'ai pas réussi à garder un boulot depuis la naissance de mon fils"

Christelle, 31 ans, Atsem : agent spécialisé en école maternelle

"Je m'appelle Christelle j'ai 31 ans et je suis maman d'un petit bonhomme de 5 ans que j'élève seule.

Je suis ATSEM, agent spécialisé en école maternelle. Je travaille avec les enfants depuis 11 ans et j'adore ce que je fais. Mais physiquement c'est intense il faut l'avouer.

J'ai pas réussi à garder un boulot depuis la naissance de mon fils, car je m'absente soit pour lui lorsqu'il est malade, soit pour moi car je suis trop fatiguée et douloureuse pour assumer ma journée.

Mon endométriose a été enfin détectée il y a 2 ans et toute ma vie a changé. Je pensais sincèrement que toutes mes douleurs étaient DANS MA TÊTE jusqu'à que je sois diagnostiquée.

Depuis que j'ai pu mettre un mot sur toutes ces douleurs, je me sens beaucoup mieux, je gère beaucoup mieux mon corps et je découvre à travers tout ces comptes de femmes atteinte des astuces pour mieux vivre.

Le travail reste pour moi très difficile. Il y a des jours où je manque de motivation. Entre midi et deux, je suis de surveillance et je dois rester debout en permanence ce qui est très compliqué lorsque mon utérus fait des siennes.

Les enfants ne sont pas non plus tout le temps coopératifs (lol), il faut garder son calme, rester patiente et a l'écoute malgré la fatigue qui me rend vraiment nerveuse...

Il y a aussi la partie ménage quotidienne qu'il ne faut pas négliger, c'est physique et éreintant.

Je ne parle pas de mon endométriose aux personnes avec qui je travail sauf si j'en suis "obligée ".
Tant que j'assure mon poste et ne m'absente pas je préfère garder cela pour moi. C'est une maladie trop peu connue et je n'aime pas rentrer dans les détails, je vois clairement que je ne suis pas prise au sérieux.

Je pense très sincèrement que seules les femmes qui en souffrent peuvent compatir et comprendre certaines des difficultés au quotidien.
Pour les autres ça reste des règles douloureuses et rien de plus. De toute façon tant que ça ne se voit pas physiquement, pour les autres ce n'est pas grave et c'est amplement gérable.

Je voudrai juste préciser que depuis que j'ai été diagnostiquée, je m'absente beaucoup moins au travail, mentalement je me sens beaucoup mieux, et je pense que votre compte, ceux de toutes ces femmes qui en parlent au quotidien et donnent des astuces, font la différence."

"J’aimerais en parler mais l'endométriose est très peu connue, et j’ai peur de ne pas être prise à un travail à cause de ça"

Andrea, aide soignante

"Je suis aide soignante depuis 2019.

L’endométriose m’handicape beaucoup dans mon métier, car c’est un travail où je suis debout toute la journée et je force beaucoup, donc lorsque je suis en crise, c’est très difficile.

J’en parle très peu dans mon travail, quelques collègues son au courant mais c’est tout.

Je le dis à mes collègues seulement quand ils me demandent pourquoi j’ai si souvent mal au ventre.
Et oui j’aimerais en parler mais l'endométriose est très peu connue, et j’ai peur de ne pas être prise à un travail à cause de ça, car ça peut vite être catalogué."

"J’ai fais un malaise pendant une réunion d’équipe."

Mylène, gestionnaire comptable/marchés publics

"Je suis gestionnaire comptable/marchés publics depuis 3 ans.

L'endométriose m’handicape systématiquement a chaque période de règle (j’ai arrêté ma pilule en continue depuis deux ans pour concevoir un enfant qui ne vient toujours pas). Surtout le 1er jour où je suis très susceptible de faire des malaises tellement la douleur est forte. De plus elles sont tellement abondantes que la seule protection efficace les deux premiers jours sont les culottes de personnes âges pour la nuit.

L’infirmière de mon boulot est au courant de mon endométriose, ma directrice aussi vu que j’ai fais un malaise pendant une réunion d’équipe.

Je l’ai annoncé parce que je n’avais plus le choix, un ventre énorme, des positions fœtal parfois, des pleurs de temps en temps. Ma direction ne semblait pas trop comprendre, maladie encore discrète malheureusement."

"Ils m’ont demandé de prendre soin de moi..."

Marie, opticienne

"Je suis opticienne depuis 15 ans. Nous sommes tantôt assis, tantôt debout, à piétiner beaucoup, magasin sur plusieurs étages à escaliers.

L’endométriose m’handicape/me gêne tous le long du mois. J’oscille entre des pics de douleurs, des sciatiques, des gènes pour aller aux toilettes, des gros coup de fatigue, des maux de têtes, une sensibilité surdimensionnée.

Dans le magasin où je travaille, mon responsable ainsi que mes collègues sont au courant. J’en parle très ouvertement depuis que le diagnostic est posé.

Mon endométriose a été diagnostiqué il y a 2 mois suite à une infertilité depuis 3 ans... J’ai annoncé en 1er à mon responsable car j’avais besoin d’un repos pour passer mon IRM. Puis j’en ai parlé au reste de l’équipe pour leur expliquer mon arrêt de travail suite à une coelioscopie.
J’ai eu beaucoup de chance car ils ont tous très bien réagi (mieux que dans ma vie privée). Ils m’ont dit que je ne laissais rien paraître avec autant de souffrance, qu’ils remarquaient juste que certains jours j’avait l’air plus fatiguée. Ils m’ont demandé de prendre soin de moi.

Et là de retour après 1 mois d’arrêt suite à la coelioscopie ils s’inquiètent tous du diagnostic posé et de mon état de santé actuel tant moral que physique. Ils font plus attention et voient quand je souffre et que je ne veux pas le montrer. Ils me disent de m’asseoir quelques instants et prennent le relai pour les clients."

"J’ai compris que je devais faire passer ma santé avant mon travail."

Anonyme, RH

"Je suis responsable RH depuis 2 ans (avant chargée de recrutement pendant 2 ans dans la même entreprise).

J’ai été diagnostiquée il y a très peu de temps, en février 2021. J’ai souffert pendant très longtemps de grosses douleurs dans le dos, ne me permettant pas de marcher correctement ou de m’assoir correctement. J’avais également d’atroce migraine ophtalmiques au moment de mes règles, rendant le travail dans mon bureau très dur du fait des lumières au plafond.
Les douleurs étant présentes depuis de très nombreuses années, j’adaptais mon quotidien au travail et ne me plaignais que très rarement de mes douleurs.

Finalement, je suis arrêtée depuis le mois d’avril, j’ai été opérée deux fois depuis. La première fois pour me poser une sonde double j et une seconde fois pour me retirer mon rein gauche, l’uretère et la boule d’endométriose qui y était accrochée. Je suis toujours en arrêt de travail. Mes douleurs dans le dos ont cessé mais je souffre toujours aujourd’hui de grosses douleurs de digestion.

Mes collègues directs et ma hiérarchie sont au courant de mes soucis de santé.

J’ai été très transparente lors de l’annonce. J’ai très vite été absente à de nombreuses reprises à cause des rendez-vous médicaux. J’ai annoncé très rapidement que j’allais être arrêtée sur plusieurs semaines. Ma hiérarchie a été compréhensive. Mes collègues, en quelque sorte à l’écoute.

Depuis le début de mon arrêt de travail, j’ai beaucoup relativisé par rapport à mon activité professionnelle. J’ai eu très peu de nouvelles de mes collègues. Au début j’ai été déçue, mais j’ai vite réalisé que cette situation m’avait permise d’évoluer sur le plan personnel. J’ai pris beaucoup de recul, j’ai compris que je devais faire passer ma santé avant mon travail. J’ai depuis mis en place des améliorations à mes quotidien tels qu’une nouvelle alimentation anti inflammatoire et FODMAP, des séances de médication/hypnose régulières, ainsi que du yoga.
Malgré cela, j’appréhende mon retour au bureau qui devrait arriver dans les semaines à venir."

"J’étais encore sous le choc de l’annonce, et ma collègue et lui m’ont épaulée."

Marion, opticienne

"Je suis opticienne depuis 1 an.

L’endométriose  m’handicape : en effet parfois quand je suis devant mes clients et que mon ventre me torture avec des douleurs horribles, et que je suis au bord de l’évanouissement, difficile de faire comme si tout allait bien.
Dans mon métier, on est très souvent debout, et lorsque cela se cumule avec les douleurs et la fatigue ce n’est pas tous les jours facile !

Mon patron est au courant ainsi que ma collègue.
4e lendemain du diagnostic je suis allée travailler et j’ai simplement expliqué à mon boss que j’allais devoir m’absenter pour me faire opérer de l’endométriose. J’étais encore sous le choc de l’annonce, et ma collègue et lui m’ont épaulée."

 

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Tous les mois, nous donnons la parole aux femmes sur des sujets autour de l'endométriose.
Le but : libérer la parole, et surtout apporter de l'information et de l'échange au sein de la communauté. 
N'hésite pas à participer pour le sujet du mois prochain !
L'appel à témoins et l'indication de la procédure de participation se passent sur notre compte Instagram @lelabdelendo.

1 commentaire

  • Maggioli Marie

    Bonjour,
    Merci beaucoup pour vos témoignage. Étant RH, étudiante, j’ai été ravie de lire un témoignage d’une RH. Elle explique qu’il faut apprendre à faire passer son travail après sa santé et c’est la plus grosse difficulté. La peur d’être incomprise. La peur de passer pour une flemmarde ou malade imaginaire. Je suis diagnostiqué depuis seulement quelques jours et comme tout le monde je ne connais pas cette maladie. La peur m’envahit depuis, je fouille et cherche du réconfort auprès de vous. Merci de vous exprimer. Grâce à vous je me sens moins seule !


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